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Échange de connaissances, encore et toujours
Il est fréquent dans les conversations d'entendre de plus en plus de gens parler du Web comme d'un moyen de paiement bête et méchant, une opportunité commerciale. Beaucoup ne savent pas (encore) ce qu'était le Web, initialement, et ce qu'il demeure, en plus d'être une gigantesque boutique en ligne : un lieu d'expression pour tout le monde, un endroit où partager ce qu'on sait avec le monde entier. Cette année, on a donc appris beaucoup de choses sur le Web. On s'est remis aux maths avec Serge Mehl et sa Petite Chronologie des mathématiques, qui n'a de petite que le nom (on n'a toujours pas fini de dénombrer les pages de cette bible), on a plongé à corps perdu dans les Questions de cosmologie de Christian Magnan (« Le cosmos, miroir de l'homme ? »), on a appris Le Dernier Nom de Dieu (celui qu'on ne doit jamais prononcer, pourtant, sous peine d'amende) et potassé une étude sur Toutes les femmes de la Bible en même temps qu'on écoutait la bonne parole de Françoise Valero : enfin, la Réalité sur le Christianisme ! Tout ça ne pouvait se passer que sur le Web, les éditeurs n'ont que deux bras. L'auto-édition a du bon, et sur le Web elle acquiert ses lettres de noblesse (pourtant, dans l'excellente Gazette des galaxies, le capitaine Kirk nous mettait en garde : « Cet endroit pue l'auto-édition, Spock. Je m'attends au pire ! »)
Rire en travaillant
La Gazette nous permet de changer de registre un moment : on rigole beaucoup, à gorge déployée souvent, sur le Net. Parce qu'il sait se moquer de lui (l'acerbe Zipiz proclame ainsi que « le problème du Village Planétaire, ce sont les idiots du Village Planétaire ») ou est le support rêvé pour un défoulement instantané et interactif. Ainsi, les gens de chez Upian.com nous auront gratifié cette année d'au moins deux jeux hilarants inspirés de l'actu qui chauffe : La Paillote Chez Francis et la calculatrice DSK 603 furent de grands moments de franche déconnade. Ne ratez pas les bandes-son... La parodie est dans l'air du temps, et à ce petit jeu, le Parti de rien est le grand gagnant. Ou comment instiller un peu d'absurde revendiqué dans le programme d'un parti politique très sérieux.
Littérature en ligne
On entend encore que le Web va tuer le livre. Faux, archi-faux. Ainsi, Albert, auteur du roman le plus virulent de l'année (osons), La Société de consolation, l'a publié sur le Web, mais cherche un vrai éditeur. Le Web est un hommage constant au livre. Finnegans Wake, sur le roman du même nom de Joyce, est un chef-d'oeuvre. Beat, whisky et poésie est également un superbe travail sur la littérature américaine du XXe siècle. Et le joli Cafard cosmique nous entretient de littérature de science-fiction. On n'a plus qu'une envie après tout ça : courir se procurer des bouquins, par n'importe quel moyen !
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