|
Kultur
Il y a un truc qui nous tracasse avec L'Espace culturel. C'est quand même une règle incontournable : chaque site réalisé par l'équipe affûtée du ministère des Affaires étrangères est un quasi-chef-d'oeuvre. Le site sur Claude Simon, « Et je pouvais voir... », n'échappe pas à cette règle et ça nous turlupine, oui. Pas de surprise... Pas de mauvaise surprise, plutôt. Aux antipodes de la page perso ridicule et bâclée, ces pages fourmillent de renseignements, d'analyses de l'oeuvre de l'écrivain (prix Nobel de littérature en 1985, est-il besoin de le rappeler) et elles donnent envie d'y regarder de plus près. Un jour, je finirai Le Jardin des plantes.
Thierry Tuborg n'a pas le prix Nobel, mais il porte un nom de bière scandinave : un premier pas important vers son Discours de Stockholm à lui. Thierry Carslberg est écrivain, publié sur le Web -- en fait, pas vraiment : il envoie ses manuscrits par e-mail ou par la Poste, mais c'est tout comme -- et il en est à son cinquième roman. Cinq romans, et pas un d'édité. Mais tout le monde le dit, son talent est certain, et il est saisissant de constater à quel point il ne laisse aucun éditeur indifférent. « Les éditeurs écrivent à Thierry Tuborg » et ce qu'il en ressort sur le Web est une des pages les plus distrayantes de l'année. Une drôle de relation épistolaire le lie ainsi à un lecteur enthousiaste des éditions Grasset, notant ses progrès à chaque roman et se désolant de la frilosité de ses collègues. Lettre après lettre, Tuborg n'est toujours pas édité ; entre les lettres pertinentes se glisse en guise de leitmotiv -- de moins en moins déprimant, de plus en plus marrant -- une lettre-type de refus toujours signée de la même personne. « Si vous souhaitez récupérer votre manuscrit, il vous sera expédié à réception d'un chèque de 60 francs pour frais postaux et de gestion... » Un drôle de ton (on s'y voit tutoyé) pour ce site dans l'air du temps.
page suivante
|