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Mouvement perpétuel
Depuis qu'on travaille avec les Inrockuptibles sur l'actualité culturelle, on est encore plus attentifs aux sites qu'ils dénichent eux aussi toutes les semaines : parfois, on tombe en arrêt, comme devant le site de la semaine dernière, Beat, whisky et poésie, dédié à la culture beat prise dans sa globalité, en considérant ses pionniers (Henry Miller), ses acteurs célèbres, de Kerouac à Ginsberg, ses héritiers aussi (plaisir de lire les premières vraies pages en français sur Brett Easton Ellis...) et même des musiciens supposés beat (aucun rapport avec les Beatles). Beat, whisky et poésie a allumé la petite flamme au fond de notre oeil, l'insoupçonnable petite étincelle qui fait la différence avec les autres sites, le petit « machin » qui nous réveille. Bien plus qu'une histoire d'un mouvement littéraire, le site en triture les tenants et les aboutissants, de Kerouac à Bret Easton Ellis, une sorte de douloureuse ou tout du moins épineuse filiation d'une Amérique qui meurt mais ne se rend pas, d'une littérature anglo-saxonne qui a accompagné sans états d'âme les ravages du siècle. Un petit joyau pour ceux qui pensent (comme nous), qu'on devrait faire lire John Fante aux lycéens ! (Petite interrogation cependant : l'abus de la parenthèse est-il beat ?)
Mouvement perpétuel, c'est le titre d'une des oeuvres les plus connues, et pas des moins étranges pourtant, de Escher, graveur, artiste aux confins de la science (ses répétitions de motifs font quand même furieusement penser à des dessins sur ordinateur et autres exploitations des fractales de Mandelbrot). Tout le monde a croisé un jour ou l'autre les oeuvres de ce maniaque de la précision, et c'est toujours un plaisir de voir ses sens mis à si rude épreuve ! J'ai quand même appris que Escher gravait sur du linoléum ce qui me paraît le meilleur usage que l'on puisse faire de ce matériaux qui défigurent ma cuisine et massacrent le bel équilibre esthétique de ma salle de bains, m'enfin bon, chacun ses goûts.
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