|
Titanic
Les jeunes ne respectent plus rien, et dans une époque où le cynisme remplace au palmarès des valeurs en poupe l'esprit d'initiative et la foi en un monde meilleur, Vakooler ne fait pas exception à la règle : nous assistons ici à la critique systématique du symbole du rétablissement de notre beau pays : la netéconomie. Les auteurs de ce brûlot gauchiss' semblent attendre avec un malin plaisir la prochaine faillite de starts-ups (quelqu'un peut-il nous donner le pluriel de ce mot au plus vite, merci), qui, les pauvres, peinent à lever lors d'un nouveau tour de table les cinquante nouveaux millions pourtant indispensables à leur prochaine campagne de pub. La jeunesse est ingrate et le Nasdaq en chute libre.
On s'en réjouit
C'est un grand jour pour le Web car voici venir... Le Figaro. LE Figaro. L'unique, l'énorme. Le monument de la presse quotidienne française. Par la taille. Enfin, c'est fini, maintenant, l'époque où des mécontents atrabilaires, pourfendeurs brillants du péril rouge, dotés d'une plume alerte et toujours une injure percutante à la bouche, nous reprochaient la partialité de nos sujets d'actu, tous acquis au « tiers-mondisme gauchiste » (effectivement, des médias comme Le Parisien font figure d'épouvantails gauchistes, dans certains milieux extrêmes, nous l'avons compris, à force). Oui, cette époque est finie car voici Le Figaro, caution de droite républicaine du Web francophone, qui viendra agrémenter et objectiver un peu nos revues de presse. Pour ça au moins, c'est une bonne nouvelle ! On ne regrettera sur ce site, parfaitement réalisé par ailleurs, qu'une chose : l'absence du savoureux courrier des lecteurs. Et surtout de Louis Pauwels, paix à son âme.
Ne pas confondre Histoire de France austère et histoire de Francis
Huster
Oulala, c'est moche ! Enfin, c'est moche, façon de parler, car ça vous a un petit style TO7-MO5 -- les générations sacrifiées de l'informatique apprécieront -- qui fera peut-être un jour florès dans les écoles de webdesign. Mais si l'aspect esthétique du site Connexions peut rebuter ; au niveau du contenu par contre, « mâtin, quel journal ! » -- les nostalgiques de Pilote appécieront à leur tour -- c'est autre chose. CDE4, société de services en informatique et d'édition de logiciels, met à disposition du public, et ce à titre gratuit, un ensemble encyclopédique de ressources pédagogiques : histoire, philosophie, anglais, mathématiques etc. Les données se présentent sous forme de fiches synthétiques idéales pour les révisions d'examens. Elles ont même le format ad hoc pour constituer d'excellentes antisèches. C'est clair et synthétique : « Passe-ton bac d'abord, Bob ! »"
En passant par la Lorraine...
Le Républicain lorrain publie dans ses archives électroniques l'intégralité d'un dossier consacré à l'histoire de sa région au siècle passé : Lorraine du XXe siècle, 100 ans de mémoire. Toutes les grandes dates et évolutions de la période (Seconde Guerre mondiale, développement de la Sécurité sociale, société de consommation) sont ainsi envisagées d'un point de vue local. Dans un style journalistique, ce travail aborde aussi bien l'histoire politique et militaire que sociale et culturelle. Il se révèle particulièrement riche au plan économique et industriel. Il permet enfin de mettre à l'honneur l'histoire régionale, secteur de la recherche historique, capable du pire (« histoire des relations économiques entre les villages de
Plougastel-Daoulas et Plougastel-Danvau au Finistère-Nord de 1675 à
1676 ») mais aussi, preuve en est, du meilleur.
« Mais qu'est-ce tu bois doudou dis donc ? »
Chantait le compère hilarant (sic) de Joe Dassin, mais cette entrée en matière a peu à voir avec notre sujet puisque le site Oasis (« le portail du travail social ») ne traite pas des boissons orangées dont devait sérieusement abuser Carlos et son inénarrable collier de fleur polynésien. Oasis donc, quel drôle de titre pour un annuaire de sites consacré au monde des travailleurs sociaux -- éducateurs spécialisés, assistants sociaux -- à moins que les webmasters n'aient souhaité mettre en avant le sentiment d'isolement dont sont victimes tous ceux qui, de par leur profession, oeuvrent à maintenir un lien avec les groupes que notre société ne parvient pas à intégrer -- quand elle ne les tient pas carrément à l'écart. Avouons-le de suite, ce ne sont donc pas des itinéraires enjoués que nous offre ce guide mais ce sont ceux que l'univers virtuel du Web doit nous proposer quand il se coltine pour une fois au réel et non pas à des blagues sur les blondes ou encore à des génériques de dessins animés. Pour finir, le site dispose d'une partie éditoriale de bonne tenue qui couvre l'actualité sociale. De la fracture et du tissage de lien en somme.
Fatiguant
Est-ce un heureux hasard ? Toujours est-il que ce fut un vrai plaisir de retrouver au sommaire du très bon Contre-courants une vieille connaissance, Grosse Fatigue, l'auteur du Site des petites frustrations et amertumes quotidiennes chroniqué ici il n'y a pas si longtemps. Il faut lire la déclaration d'intention de gens qui cristallisent leur malaise dans la fatigue et l'ennui et non dans la révolte. Ce n'est pas un manifeste : les créateurs du site n'ont rien ou si peu à proposer, juste leurs chroniques, humeurs et prises de position. On éreinte avec talent (on nous objectera qu'il est assez facile d'être brillant en critiquant Alain Peyrefitte, mais n'écoutons pas les mauvaises langues), on réfléchit sur l'économie ou l'art. Bref, on existe par l'écriture.
|